Accroissement du temps de loisirs et des congés payés, développement des moyens de communication, banalisation des moyens de transport… Le voyage, auparavant réservé à une classe sociale élevée, s’ouvre aujourd’hui à une plus vaste population, du moins dans les pays occidentaux. On parle même de “démocratisation du voyage” ou de “tourisme de masse”. Mais qu’en est-il des motivations qui nous poussent à voyager ? Que l’on aime voyager seul sur de longues périodes, multiplier les voyages en groupe ou en famille sur des périodes courtes de “vacances” ; que se cache-t-il derrière l’envie de voyager du XXIè siècle ? On assimile souvent cette tendance à un phénomène d’instabilité, une fuite du monde réel. Mais entre plaisir et évasion, entre jugement et psychanalyse, où se trouve le juste milieu ? Nous nous sommes interrogés et vous donnons quelques pistes de réflexion.

Le voyage, un besoin vital ?

Depuis l’époque de Néandertal, l’homme se déplace pour sa survie ; les écritures anciennes nous révèlent que depuis la nuit des temps, les grands personnages de l’humanité, quels qu’ils soient, ont tous migré, avec les moyens qu’ils avaient en leur possession, pour mieux comprendre le monde qui les entouraient. Il en va de même pour les homo-sapiens que nous sommes aujourd’hui. D’une autre manière, avec d’autres moyens et d’autres objectifs, mais l’homme a toujours bougé – pour sa survie ou pour découvrir le monde – et ce n’est pas près de changer !

Le voyage, un accomplissement de soi ?

Nous sommes convaincus que le voyage, seul ou en groupe, est un élément favorable au développement de soi. Loin du simple objectif ludique du loisir, il attise la curiosité, permet de découvrir et rencontrer d’autres civilisations, de se confronter à d’autres façons de vivre. Le voyage développe l’ouverture d’esprit, la connaissance et la confiance en soi. En partant explorer le monde extérieur, nous nous faisons violence et sortons du conformisme ; en faisant face à notre peur de l’inconnu, nous dépassons notre zone de confort, renforçons notre identité et notre autonomie. Le voyage, de par le mouvement qu’il procure, apporte un équilibre, une essence pour le bien-être. Il est comme une “école de vie”, et nous en revenons forcément grandis. Toutefois, entre passion et addiction, il existe un pont qui nous propulse dans cette interrogation : le voyage est-il une fuite contre la monotonie ou une fuite contre nous-même ?

Une fuite de la monotonie et de la routine

Nous avons tous eu un jour cette envie de partir loin pour fuir la routine et nous détacher de notre propre réalité ; entre désir d’ailleurs, besoin de découvertes, de nouveauté et d’adrénaline, besoin de décrocher du quotidien, du conformisme collectif et de la réalité du monde, le temps d’un séjour. Comme le dit Sylvain Tesson dans cette citation : « Le voyage est une fuite contre la routine, la monotonie, la familiarité, la soumission à la régulation du gouvernement collectif ». Mais où se trouve la frontière entre le voyage et le nomadisme ? Lorsque l’on décide de partir pour un séjour au long cours, n’est-ce pas une manière de se désociabiliser, et ne fuit-on pas sa propre réalité et une part de nous-même ?

Une fuite d’une part de nous-même

Le voyageur addict est bien souvent catalogué par les regards extérieurs comme étant une personne instable, malheureuse, marginale et solitaire, rêveuse, insatiable, qui fuit la “vraie vie”, qui n’assume pas ses responsabilités, ou je ne sais quoi encore. Mais comment peut-on définir la “vraie vie”, quelle est-elle et pour qui ? Personne n’a de réponse puisque LA réponse est dans chacun de nous. Nous avons tous notre réalité et c’est celle qui nous semble la meilleure pour nous. Entre désir d’autonomie, besoin de s’affirmer, de prouver qui on est, de connaître ses propres valeurs, de fuir les chemins tracés et la vie bien rangée ; entre besoin de découvertes et de changement, besoin de décompresser ou de passer l’éponge sur un coup dur, pouvons-nous vraiment parler d’instabilité ?

Une thérapie contre les coups durs

Mieux que les antidépresseurs, le voyage est à lui-même un remède contre la déprime, c’est prouvé. Rupture, deuil, grosse tristesse ou autres contrariétés ; rien de tel que de partir quelque temps pour nous aider à “passer à autre chose”. Bien que n’étant pas la solution parfaite pour éradiquer tous nos problèmes en un clin d’oeil, le voyage a cela de bien qu’il nous permet de nous offrir une parenthèse transitoire, un abandon, une retraite sur les choses difficiles de la vie.

Moralité ?

Voyager seul ou en groupe c’est bon pour le moral, parole de baroudeurs !

Le voyage, une fuite de soi ou une soif de découvertes