Internet faisant, le voyage s’est démocratisé et le tourisme s’ouvre sur un nouveau profil axé sur la rencontre de l’autre. Le voyage “à visage humain” s’impose, et c’est le but ultime du baroudeur : allier voyage en groupe, authenticité et rencontres humaines pour vivre des moments forts en émotion. Appréhendé avec une plus grande ouverture d’esprit, mêlant esprits individualistes et esprits communautaires, le voyage ouvre les esprits et incite à cheminer vers l’autre au-delà de soi. Et même si n’est pas toujours évident, car chaque individu a son propre caractère, ses propres vérités et sa propre vision du monde, la démarche est enrichissante. Le voyage organisé revisité serait-il un pas vers un septième sens ?

Mieux se connaître pour la rencontre de l’autre

Qui suis-je réellement ? Suis-je celui ou celle que je veux bien montrer, ou en cherchant bien au fond de moi, un tout autre personnage ? Altruiste ou égocentrique, vaniteux ou modeste, à l’écoute ou renfermé ? Et d’ailleurs, ai-je vraiment envie d’aller à la rencontre d’autrui ? Suis-je capable de partir seul ou ai-je besoin de compagnons de voyage ? Comment puis-je faire pour améliorer tel ou tel point de ma personnalité ?

La rencontre demande de laisser son ego de côté

En voyage, l’égocentrisme n’a pas sa place pour qui souhaite s’ouvrir à l’autre. D’ailleurs, en voyage ne devient-on pas soi-même étranger ? Oublier pour un temps son identité, ses racines et son statut social (moi je suis untel, de tel ou tel rang, de telle ou telle nationalité, etc.), oublier ses certitudes et se poser sur un même piédestal que les personnes que l’on rencontre, sans porter de jugements de valeurs d’infériorité ou de supériorité. Sans bien sûr nier sa propre singularité – car chaque être est unique – ne pas s’assimiler à l’autre en respectant les différences de chacun avec empathie et bienveillance est déjà un grand pas vers soi, et un grand pas vers autrui. Et d’ailleurs, chez Barouding on est tous égaux !

Rencontrer en é écoutant plutôt qu’en parlant

Parce que l’écoute est la base du rapport à l’autre, le dialogue en découle. Écouter avec altruisme et humanité, argumenter sans imposer ses certitudes, perdre en vanité pour gagner en modestie est une ouverture au dialogue, un élément essentiel dans la relation à autrui. Sans dialogue, la rencontre vers l’autre n’existe pas, comme le dit la citation de Franck Michel, auteur de Désirs d’ailleurs : Le voyage commence là où s’arrêtent nos certitudes.

En cultivant l’authenticité

L’empathie et la bienveillance, l’écoute et le dialogue, l’altruisme et l’humanité sont- nous l’avons vu plus haut – un pont pour un passage vers l’autre. Mais peut-on vraiment rencontrer l’autre si l’on n’est pas totalement authentique ? L’authenticité, la sincérité et la justesse sont eux aussi des éléments en adéquation avec la relation à autrui.

En apprivoisant l’inconnu

L’ailleurs bouscule nos habitudes et nos certitudes, nous fait peur, et modifie notre vision du monde, surtout si l’on souhaite voyager seul. Voyager et partir à la découverte de terres et cultures inconnues, observer la pluralité des mondes, c’est aussi assumer ses appréhensions et ses faiblesses, sortir de soi, aller au delà de sa zone de confort. Se projeter dans l’inconnu et l’imprévisible, avec ou sans co-voyageurs, ouvre au dévoilement de soi, souvent refoulé ou inexploité. Le voyage fait grandir ! Comme le dit la citation de Paul Morand dans Voyage : “Le voyage c’est gagner son procès contre l’habitude”.

En s’adonnant à la lenteur

Au travail comme à la maison, prendre le temps n’est pas au goût du jour, il faut que l’homme aille vite ! Et pourtant, s’il est bien une vertu enrichissante dans la relation à l’autre, et encore plus dans le voyage de groupe, c’est l’art de vivre lentement, de s’arrêter, de prendre le temps d’écouter, regarder, sentir, ressentir ; et non pas de s’imposer des visites à vitesse grand V, accumuler photos, souvenirs et lieux visités. La lenteur est une sagesse qu’il est bon d’apprendre en voyage.

La course à la montre à qui fera plus-plus en un temps record ; l’égocentrisme et la routine, ce n’est pas pour les baroudeurs !

Le voyage et la rencontre humaine